10 idées pour aider nos patients souffrant de confusions sourdes sonores.

Lorsque l’enfant ne perçoit pas le trait distinctif dit « sonore » ou encore « voisé », il va confondre des mots comme car/gare par exemple ou balai/palais. Souvent, l’enfant ne les produit pas correctement mais l’orthophoniste ne s’en rend pas compte surtout si le contexte l’aide à identifier le mot. Votre oreille est tellement habituée à suppléer aux problèmes d’intelligibilité de vos patients que vous devenez tolérante aux imprécisions vocaliques et consonantiques sans le savoir.

Ortho Enfant

Si vous enregistrez l’enfant en situation de répétition de syllabes ou de mots et que vous analysez sa parole avec des outils spécifiques, vous verrez que la vibration juste avant l’explosion des occlusives sonores comme [g] n’est pas présente ou que les constrictives sont parfois à demi voisées, ce qui suffit à créer le doute.

Ces confusions sont d’autant plus tenaces que les mauvaises habitudes ont été automatisées à l’oral autour de 3 à 5 ans. Ces confusions se retrouvent à l’écrit mais ce n’est qu’une conséquence du problème à l’oral. L’orthophoniste peut donc s’échiner longtemps sur ces confusions si le problème n’est pas pris à la source.

01. L’enregistrement

Enregistrer l’enfant en répétition du phonème isolément [ch] [j] [s] [z] [p] [b] [k] [g] et/ou une petite phrase contenant tout ou une partie de ces phonèmes pour avoir une ligne de base. Enregistrer systématiquement les épreuves de phonologie des bilans que vous proposez.

02. Conscience articulatoire et proprioception laryngée

Travailler bien la conscience articulatoire et la proprioception laryngée. L’enfant va comprendre qu’il peut faire des sons avec son larynx : des sons longs, des sons très courts, des sons graves, des sons aigus, des sons forts et/ou des sons doux. Il doit pouvoir jouer avec les paramètres des sons puis des voyelles et des consonnes qu’il a déjà à son répertoire.

03. Mécanisme de constriction

Travailler le mécanisme de constriction [ch] [s] [f] isolément en allongeant le son afin que l’enfant prenne conscience de ce qui se passe dans sa bouche : le rapprochement de la langue avec le palais, la position et la forme de la langue (cf fiche thérapeutique n°1 consacrée au schlintement).

04. La vibration

Rajouter la vibration mais attention, l’enfant risque en sonorisant de lâcher la constriction, dans ce cas revenez à la phase précédente, puis ajoutez la sonorisation longue pour que l’enfant puisse ressentir ce qui se passe au niveau du larynx sans pour autant qu’il relâche le contact langue/palais. Ensuite l’enfant doit parvenir progressivement à faire une sonorisation de plus en plus. Il doit prendre conscience que la constriction et la vibration sont deux choses différentes et qu’il peut parfaitement les contrôler séparément.

05. Alternance de la production des deux phonèmes

Quand l’étape précédente est bien acquise, alternez la production des deux phonèmes en opposition, en sonorisation longue puis de plus en plus courte : [CHCHCH] [JJJJJJJJ] [CHCH] [JJJJ] [CH] [J] puis [FFFFFFFF] [VVVVVVVVV] [FFFFF] [VVVVV] [FFF] [VVV] [FF] [VV] [F] [V] idem avec [S] [Z] jusqu’à ce que l’enfant puis passer de l’un à l’autre sans difficulté et sans que les deux ne finissent par se ressembler.

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